TECHNIQUE

Choisir des variétés et porte-greffes adaptés au(x) stress hydrique et/ou thermique (cultures pérennes)

Aboutie
Dernière modification : 30/01/2024
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Productions concernés

  • Pomme
  • Amande
  • Kiwi
  • Pêche
  • Horticulture - Plante à parfum aromatique et médicinales
  • Arboriculture et petits fruits
  • Poire
  • Cerise
  • Abricot
  • Vigne

Levier correspondant

Adapter le matériel végétal et l assolement

Crédit : CTIFL - Laurent Roche

Description de la technique

Au sein des différentes variétés d'une espèce, les traits conférant aux plantes des capacités plus ou moins importantes de tolérance ou d'évitement des stress hydrique/thermique présentent une grande variabilité, qu'il est possible d'exploiter (Sécheresse et agriculture ; 2006 ; INRA).

Le choix de la variété de porte-greffe peut aussi jouer sur la résistance au stress hydrique des ceps, notamment via les capacités d'exploration racinaires du porte-greffe. De plus, ce choix est plus modulable que le choix de cépage qui est réglementé dans chaque appellation.

  • En arboriculture, les réflexions sur l'adaptation du matériel végétal au changement climatique se décomposent en deux axes : 

- La résistance au stress thermique et surtout au stress hydrique va être définie par le porte-greffe. Le développement de variétés de porte-greffes plus résistantes est en cours mais nécessite d'être davantage accompagné (Fiche technique STARTCLIMA ; 2023 ; Chambre d'agriculture de Provence-Alpes-Côte d'Azur).

- La résistance au stress thermique (brûlures, coups de soleil, etc.) dépendra de la variété fruitière, tout comme les traits génétiques liés au froid (résistance au gel, besoins en froid, etc.).

  • Pour les cultures horticoles, des variétés plus résistantes au stress hydrique et/ou thermique peuvent être indiquées dans les catalogues, mais beaucoup de programmes de recherche et développement sont actuellement menés pour mettre à disposition davantage de variétés adaptées.

Ressources disponibles

Outils techniques
Fiches et guides techniques

Mécanisme(s) d'action

Les variétés et porte-greffes adaptés au stress hydrique et/ou thermique ont été sélectionnées soit pour leur capacité de tolérance, soit pour leur capacité à adopter une stratégie d'évitement :

  • Les traits de tolérance aux stress hydrique et thermique permettent aux plantes de maintenir leurs fonctions reproductrice et/ou foliaire en cas de stress (ajustements osmotiques, conservation de la stabilité de la membrane cellulaire pour limiter la déshydratation) (Bodner et al., 2015). Elles peuvent aussi être capables de synthétiser des molécules les protégeant contre le stress oxydant (qui est l'une des conséquences du stress hydrique, néfaste au bon développement des plantes). Le maintien de la croissance foliaire réduit par ailleurs les risques d'évaporation au sol. Grâce à cette capacité de tolérance, un rendement maximal peut ainsi être espéré, mais un risque de perte totale de rendement subsiste.
  • Les mécanismes d'évitement portés par certains traits génétiques se traduisent par une réduction ou une adaptation de l'activité physiologique en conditions de stress (croissance racinaire accrue pour puiser des ressources d'eau complémentaires, ou transpiration réduite du fait d'une conductance stomatique faible ou d'une croissance foliaire réduite).

 

Condition(s) d'efficacité

  • Les conditions pédoclimatiques des parcelles restent des facteurs déterminants dans le choix des cultures.
  • En arboriculture, si l’évolution de la gamme de porte-greffe en verger est limitée par le taux de renouvellement du verger, le changement de variétés peut se faire par surgreffage en place. Cette technique peut s’avérer intéressante dans certaines conditions, et sur certaines espèces (Fiche technique STARTCLIMA ; 2023 ; Chambre d'agriculture de Provence-Alpes-Côte d'Azur).

Limites(s)

  • L'approche variétale peut avoir une portée limitée pour les cultures dont les génotypes cultivés sont peu hétérogènes, ou si les caractères de résistance ne sont pas identifiés et phénotypés.
  • Le choix de variétés plus résistantes au(x) stress hydrique et thermique est une solution d'adaptation qui sera particulièrement efficace dans le cas d'années sèches et chaudes, mais qui ne permettra pas forcément d'être plus résilient face aux autres aléas climatiques dont l'occurence et l'intensité est en augmentation. Il implique donc de la combiner à d'autres solutions, dans une démarche globale de renforcement de la résilience de l'exploitation, notamment en répartissant les risques : diversification des variétés, espèces et ateliers, gestion raisonnée de la ressource en eau et du sol, intégration d'arbres, etc.

Evaluation de la technique

Délai de mise en place Ce critère évalue le pas de temps nécessaire à l’agriculteur/agricultrice pour mettre en place cette technique. ​Ce délai comprend à la fois le temps de réflexion nécessaire en amont de sa mise en place, et le temps de travail technique. . . . . . . . . . . . . . . . 1 : Moins de 1 an . . . . . . . . . 2 : Entre 1 et 3 ans . . . . . . . . 3 : Plus de 3 ans . . . . . . . . .
Coût Ce critère évalue le coût à la charge de l’agriculteur/agricultrice (éventuelles subventions déduites) pour la mise en œuvre et l’entretien de cette technique. Il comprend le temps de travail et l’investissement (intrants, matériels, etc.). . . . . . . . . . . . 1 : Faible . . . . . . . . . . . . . . . 2 : Modéré . . . . . . . . . . . . . . 3 : Elevé . . . . . . . . . . . .
Délai d'effet Ce critère évalue le pas de temps nécessaire pour que la technique améliore la résilience de l’exploitation (économique, agronomique, sociale, etc.). . . . . . . . . . . . . 1 : Moins de 1 an . . . . . . . . . 2 : Entre 1 et 3 ans . . . . . . . . 3 : Plus de 3 ans . . . . . . . . .
Effet sur l'atténuation Ce critère évalue la capacité de la technique à contribuer à l’atténuation du changement climatique à l’échelle de l’exploitation.​ Cet effet peut être neutre ou positif. L’atténuation s’entend par une réduction significative des émissions de GES (en priorité protoxyde d’azote, méthane et dioxyde de carbone) et/ou une augmentation du stockage de carbone.

Neutre

  • Le délai de mise en place intègre le temps de réflexion concernant le choix de la variété, l’itinéraire technique, les débouchés, etc. Concernant les cultures pérennes, le choix du matériel représentant un engagement sur le long terme et relevant de choix à l’échelle de l’exploitation, ce qui peut d'autant plus allonger cette phase de réflexion en amont de l’implantation sur le choix de la culture ou du porte-greffe. Le délai de mise en place comprend également le temps d’anticipation nécessaire à disposer des semences/plants souhaités, à potentiellement acheter du nouveau matériel, etc. Ce délai peut donc varier entre 2 et 5 ans selon les cultures.
  • Les coûts de transition (matériel, organisation du travail) représentent une grande partie des coûts potentiels.
  • Le délai d'effet en viticulture ou en arboriculture peut excéder 3 années, le temps de reprise du plant étant variable selon le plant choisi, bien que certains bénéfices ou défaut pourront s’exprimer avant.

Technique(s) associée(s)

Choisir des espèces adaptées au(x) stress hydrique et/ou thermique

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Contributeurs

30/01/2024
Elsa Galiano - ACTA - Pantin (93500)
charge-mission - elsa.galiano@acta.asso.fr