TECHNIQUE

Optimiser la gestion du pâturage

Aboutie
Dernière modification : 29/01/2024
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Productions concernées

  • Prairie
  • Ovin
  • Caprin
  • Porc
  • Bovin

Levier correspondant

Piloter la ressource alimentaire du cheptel

Crédit : INRAE

Description de la technique

Optimiser la gestion du pâturage repose souvent sur une bonne organisation du parcellaire : dimensionnement des parcelles, aménagements (eau, clôtures, chemins d’accès…), fonctionnement… Face à la multiplication des aléas climatiques, une bonne gestion permet de maintenir au maximum les animaux au pâturage et donc de limiter la consommation de fourrages conservés. 
De nombreuses méthodes de pâturage existent et peuvent être regroupées en deux catégories : le pâturage continu et le pâturage tournant. Différents repères de pilotage existent, basés sur la mesure des hauteurs d’herbe, le suivi de la phénologie des espèces, le calcul des sommes de températures… Le choix de la méthode de gestion du pâturage et des repères de suivi associés revient à chaque éleveur/éleveuse, en fonction de la structure de son exploitation, de son parcellaire et de ses attentes. Quelle que soit la méthode adoptée, la réussite repose sur un chargement adapté et une anticipation des décisions. 

Le pâturage tournant fonctionne sur la base d'une division des pâtures en différentes parcelles qui sont successivement pâturées par le troupeau (ou peuvent sortir du circuit de pâturage pour être récoltées lors des périodes de pousse conséquente). De nombreuses variantes existent, elles concernent principalement le nombre de parcelles, leur taille et le temps de séjour des animaux. On parle ainsi de pâturage tournant dynamique ou cellulaire, de pâturage tournant « classique », pâturage tournant simplifié… avec des temps de séjour des animaux allant d’une journée dans le cas du pâturage tournant dynamique à plusieurs jours voire semaines dans le cas du pâturage tournant simplifié.
Le pâturage tournant peut également être mis en place pour les porcs en système extensif.

Ressources disponibles

Mécanisme(s) d'action

  • Le pâturage tournant permet de pâturer de nouvelles repousses à chaque passage, en cela il offre une herbe de qualité élevée et constante. La possibilité d'ajuster le temps de séjour des animaux sur une parcelle, voire la taille des parcelles permet à l'éleveur/éleveuse de gérer plus facilement les situations de déficit d'herbe afin d'éviter le surpâturage qui fragilise le couvert végétal. Au contraire, certaines parcelles peuvent être récoltées lors des périodes de pousse.
  • Concernant le pâurage des porcs, cela a un effet positif sur leur bien-être et permet de diminuer la part de concentrés dans la ration, et ainsi de sécuriser leur alimentation avec des ressources locales. 

Condition(s) d'efficacité

En cas de sécheresse, les dates d'entrée et de sortie de la parcelle doivent être réfléchies avec prudence :

  • Date d'entrée : Avant le stade "3 feuilles", les réserves de la graminée ne sont pas constituées. Pâturer avant ce stade est d'autant plus dommageable en période de stress hydrique où la plante est fragilisée.
  • Date de sortie : Il est recommandé de ne pas faire pâturer jusqu'à la gaine, mais de sortir les animaux un peu avant. Cela va permettre de laisser une couverture végétale qui limitera l'évaporation de l'eaa et l'assèchement du couvert, et cela facilitera sa repousse.

Les seuils de chargement sont d'autant plus à respecter en période de sécheresse ou de pluviométrie importante pour limiter le tassement.

Limites(s)

  • Le temps de travail pour la mise en place des aménagements (clôtures, points d'eau) et la gestion du troupeau (déplacement des différents lots) est un élément important à prendre en compte.
  • Certaines méthodes de suivi demandent une certaine technicité pour repérer les stades clés.

Evaluation de la technique

Délai de mise en place Ce critère évalue le pas de temps nécessaire à l’agriculteur/agricultrice pour mettre en place cette technique. ​Ce délai comprend à la fois le temps de réflexion nécessaire en amont de sa mise en place, et le temps de travail technique. . . . . . . . . . . . . . . . 1 : Moins de 1 an . . . . . . . . . 2 : Entre 1 et 3 ans . . . . . . . . 3 : Plus de 3 ans . . . . . . . . .
Coût Ce critère évalue le coût à la charge de l’agriculteur/agricultrice (éventuelles subventions déduites) pour la mise en œuvre et l’entretien de cette technique. Il comprend le temps de travail et l’investissement (intrants, matériels, etc.). . . . . . . . . . . . 1 : Faible . . . . . . . . . . . . . . . 2 : Modéré . . . . . . . . . . . . . . 3 : Elevé . . . . . . . . . . . .
Délai d'effet Ce critère évalue le pas de temps nécessaire pour que la technique améliore la résilience de l’exploitation (économique, agronomique, sociale, etc.). . . . . . . . . . . . . 1 : Moins de 1 an . . . . . . . . . 2 : Entre 1 et 3 ans . . . . . . . . 3 : Plus de 3 ans . . . . . . . . .
Effet sur l'atténuation Ce critère évalue la capacité de la technique à contribuer à l’atténuation du changement climatique à l’échelle de l’exploitation.​ Cet effet peut être neutre ou positif. L’atténuation s’entend par une réduction significative des émissions de GES (en priorité protoxyde d’azote, méthane et dioxyde de carbone) et/ou une augmentation du stockage de carbone.


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Contributeurs

29/01/2024
Elsa Galiano - ACTA - Pantin (93500)
charge-mission - elsa.galiano@acta.asso.fr