TECHNIQUE

Mettre en place des bâches anti-pluie en verger

Cette fiche est reliée à d'autres thématiques de la manière suivante :

est appliqué à
défavorise
Accident climatique et physiologique
Gel
Voir tous les liens

1. Présentation


Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Photo d'en-tête : Bâche anti-pluie d'un essai mené au Ctifl - © S. Simon, INRA

 

Informations issues initialement du Guide pour la conception de systèmes de production fruitière économes en produits phytopharmaceutiques (2014) / Fiche technique n° 23. Pour plus d'information : voir lien

 

Principe :

Cette technique, en cours d’étude, consiste à poser une bâche plastique « anti-pluie » au-dessus des arbres pour que le feuillage ne soit pas mouillé lors d’épisodes pluvieux.

Les effets attendus contre différentes maladies (tavelure sur pommier et poirier, monilioses sur cerisier et mirabellier, gloeosporioses sur pommier) sont en expérimentation depuis plusieurs années mais ne sont pas encore validés.


Exemple de mise en oeuvre :

Exemple d’application

Sur pommier :

Il est important que l’infrastructure du verger soit adéquate. C’est-à-dire, les poteaux doivent être enfoncés de 1 m et besoin de câbles de faîtage et de câbles transversaux. Besoin également de matériel de fixation de la bâche (mousquetons, sandow), de plaquettes ou tendeurs pour filet paragrêle, bâche plastique de 1,40 m de large (selon la distance entre rang).

 

Pour la mise en place deux modalités sont possibles :

– bâche fixée sous le filet paragrêle

– bâche combinée (soudée) avec le filet paragrêle (prototype en test en 2014)

 

Sur cerisier :

Les mêmes matériaux et consignes appliqués sur le pommier doivent être considérés pour le cerisier.  

 

Deux modalités de mise en place existent pour cette espèce fruitière :

– bâche en système tunnel (arceaux surélevés et poteaux) en monorang

– bâches-filets en expé en système monorang (palissage, poteaux)

Précision sur la technique :

Pour atteindre un maximum d’efficacité des bâches anti-pluie, il faut tenir compte de certaines conditions :

– Dans le cas de la tavelure du pommier, déployer les bâches début mars avant le début des contaminations primaires et replier les bâches après récolte voire dès la fin des contaminations primaires (si pas de taches de tavelure dans le verger) pour limiter l’incidence sur les besoins en eau des arbres et sur la qualité des fruits

– Sur cerisier, déployer les bâches à la véraison (début du risque éclatement) et les replier dès la fin de la récolte pour assurer un éclairement suffisant de la frondaison

– Ne pas laisser d’espace à la jointure des bâches (cas du pommier)

– Prévoir une largeur suffisante pour couvrir l’ensemble du rang

– Orientation des rangs d’arbres (et des bâches) dans la direction des vents dominants pour éviter les entrées latérales lors de pluie avec vent

– Vérifier que les jointures soient bien étanches et que l’inclinaison et la tension de la bâche permettent un bon écoulement de l’eau de pluie

– Vérifier l’intégrité du système (absence de déchirures) après chaque événement climatique

– Nécessité d’adapter les apports d’eau et de fertilisants

Période de mise en œuvre
Sur culture implantée


Echelle spatiale de mise en œuvre
Parcelle


Application de la technique à...

Toutes les cultures : Généralisation parfois délicate

Généralisation parfois délicate

Plusieurs espèces fruitères peuvent être concernées pour gérer différents bioagresseurs. Les expériences les plus connues à ce jour concernent le pommier (contre tavelure) et le cerisier (contre monilioses et autres maladies de conservation).

Des expériences en prunier, mirabellier, kiwi et raisin de table sont en cours d'étude depuis quelques années mais les effets attendus ne sont pas encore validés.




Réglementation



2. Services rendus par la technique



3. Effets sur la durabilité du système de culture


Critères "environnementaux"

Effet sur la qualité de l'air : En augmentation
émission phytosanitaires : DIMINUTION

Effet sur la qualité de l'eau : En augmentation
pesticides : DIMINUTION

Autre : Pas d'effet (neutre)

 

Commentaires :

Sur pommier : diminution, voire suppression totale de fongicides sous les bâches. Ceci se traduit par une amélioration de la qualité de l’air et de l’eau en ce qui concerne la réduction de l’usage de produits phytopharmaceutiques.

Par contre, les bâches ne sont pas biodégradables et ceux-ci ont le même impact paysager qu’un filet paragrêle.




Critères "agronomiques"

Productivité : Variable

Variable

Sur cerisier, limite le phénomène d’éclatement (raison principale de sa mise en place en cerisier).

Pollinisation non perturbée a priori sauf en cerisier avec des systèmes très confinés.

En cerisier, fort impact sur le dégarnissement des charpentières et forte augmentation de la vigueur (nécessitant une très bonne maîtrise de la taille).

En cerisier, dans le cas particulier des systèmes de protection très confinés (tunnels très bas) qui ne sont pas la majorité des situations, on note une avancée de la maturité.

Sur pommier, une limitation de brûlures du soleil, ainsi qu’une avancée de la maturité sont citées par la bibliographie canadienne, mais ceci n’a pas été observé et/ou validé en France.

Humectations hors bâches plus fréquentes que sous bâches. Néanmoins, indices d’humectation sous bâches élevés dans certains cas.

Pas de différences significatives de température sous bâche ou hors bâche.

Par ciel dégagé, jusqu’à 40 % d’interception de la lumière sous bâche comparé à un verger non bâché. L’interception par les bâches est moindre (10 %) à ciel couvert.



Qualité de la production : Variable

Variable

Pommier : a priori, sur les variétés (clones) travaillées, pas d’influence négative de la bâche sur la coloration des fruits malgré une diminution de la lumière interceptée. Les résultats sont à valider sur plusieurs campagnes et sur différentes variétés. Il en est de même pour les caractéristiques physico-chimiques des fruits (fermeté, acidité). Selon la charge, une différence de fermeté et d’acidité a été observée pour les modalités sous bâche, mais les observations sont à poursuivre.

Cerisier : en général, peu d’influence de la bâche sur la qualité des fruits, sauf dans le cas particulier des systèmes très confinés (avancée de la maturité donc taux de sucre plus élevé pour une même date de récolte).



Biodiversité fonctionnelle : Pas de connaissance sur impact

Pas de connaissance sur impact

A priori, la bâche n’est pas une barrière pour les auxiliaires.




Critères "économiques"


Charges opérationnelles : En augmentation

En augmentation

Pommier, coût du matériel (sans palissage) :

- Filet paragrêle : 0,25 – 0,40 €/m2. Matériel complet : 1 €/m2

- Bâche anti-pluie combinée filet paragrêle : 1,30 – 1,40 €/m2. Matériel complet : 1,70 €/m2

- Bâche anti-pluie seule : 1 €/m2

Cerisier

- Système d’arceaux surélevés (tunnel) : coût du matériel environ 50 000 €/ha

- Système monorang en expérimentation (pas de coût/ha disponible)




Critères "sociaux"


Temps de travail : En augmentation

Temps de travail général en augmentation

Temps de travail pour l’installation dans un prototype expérimental sur pommier (hors palissage) :

– Bâche séparée du filet paragrêle : environ 100 h/ha

– Bâche combinée au filet paragrêle : environ 150 h/ha

 

Temps d’ouverture et fermeture des bâches par an :

– Pommier mono-parcelle (bâches-filets) : 40-60 h/ha par opération

– Cerisier système arceaux : 150-300 h/ha selon le système

– Cerisier système monorang bâches-filets : 70-100 h/ha par opération

 

Temps de travaux annuels en augmentation, notamment si gestion du repliement des bâches en période de récolte des cerises ou pommes d’été.



Temps d'observation : En augmentation

En augmentation

Sur pommier : Faire un contrôle des pousses et fruits dès la sortie potentielle des premières taches (vers mai, en fonction des dates de contamination) et ensuite un suivi mensuel du pourcentage de pousses et fruits tavelés jusqu’à la récolte.

 

Sur cerisier : Contrôle régulier des fruits en période de sensibilité aux monilioses.





4. Organismes favorisés ou défavorisés


Bioagresseurs favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Bioagresseurs défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions
Monilioses agent pathogène (bioagresseur) monilioses et autres maladies de conservation sur cerisier par limitation du phénomène d’éclatement du fruit par la pluie (en cours d’étude, non validé). monilioses sur mirabellier (en cours d’étude mais non validé)
Tavelure du poirier agent pathogène (bioagresseur) effet attendu mais non étudié
Tavelure du pommier agent pathogène (bioagresseur) en expérimentation depuis 4 ans
mouches des cultures légumières ravageur, prédateur ou parasite Sur cerisier, le système bâches-filets en expérimentation doit permettre de lutter contre les mouches

Auxiliaires favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Auxiliaires défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Accidents climatiques et physiologiques favorisés

Organisme Impact de la technique Précisions

Accidents climatiques et physiologiques défavorisés

Organisme Impact de la technique Précisions
Gel Les bâches anti-pluie pourraient apporter une protection contre le gel (effet observé en 2012 dans le Sud-Ouest)


5. Pour en savoir plus

Couvertures anti-pluie. Une panoplie de systèmes disponibles.
Arregui M.
2004

Réussir Fruits et Légumes, 227, 60-61.

Les bâches anti-pluie en verger de pommier.
Zavagli F., Verpont F., Giraud M., Favareille J.
2014

Rencontres phytosanitaires fruits à pépins Ctifl/SDQPV, 19-20 mars 2014, Ctifl, Centre de Lanxade, Prigonrieux.

Lutte contre l’éclatement par couverture plastique.
Charrel Y.
2004
Horta del Rossello, 217, 4.
Protection contre l’éclatement. Un coût encore élevé.
Arregui M.
Brochure technique, 2002

Réussir fruits et légumes, 212, 64-67.

Protection des pommiers contre la tavelure : la bâche anti-pluie, un moyen innovant à l’étude.
Zavagli F.
CTIFL, Brochure technique, 2013

Infos-Ctifl, 289, 22-29.

Pour accéder à la brochure voir lien

Undercover apples.
Mitham P.
Good Fruit Grower, 2008

15 janvier 2008, 20-21 (référence canadienne)


6. Mots clés


Méthode de contrôle des bioagresseurs : Lutte physique
Mode d'action : Barrière
Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides : Substitution
Pour contribuer à l'enrichissement de la fiche, vous devez créer un compte ou vous identifier.Cela vous permettra d'apporter votre contribution via l'espace d'échanges

Contributeurs

11/09/2018
11/01/2018
Paola SALAZAR - INRA - Rennes (35000)
ingenieur - paola.salazar@inra.fr