TECHNIQUE

Lutter contre les ravageurs avec les plantes de services en horticulture et en PPAM



Aubergine en place dans une culture de gerbera fleurs coupées

Crédit : Alain Ferre, Arexhor PL

En cours de rédaction
Dernière modification : 01/10/2021
Voir les contributeurs

Discussion liée

1. Présentation


Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Cette technique consiste à implanter des plantes de service dans l’objectif de réduire la nuisibilité des ravageurs (animaux, insectes, nématodes, ...) sur les cultures par une action directe en les repoussant ou en les attirant ou par une action indirecte en favorisant la présence des auxiliaires.

On désigne par plantes de service les espèces implantées avant ou pendant une culture principale, dans la parcelle ou à proximité et qui sont destinées à fournir un ou plusieurs avantages (services écosystémiques) à la culture en place ou aux suivantes dans la rotation. Au-delà de contribuer à la régulation des ravageurs, les plantes de service peuvent également permettre de réguler d’autres bioagresseurs (adventicesmaladies), améliorer la structure et la stabilité du sol (fertilité physique et biologique), le cycle des éléments nutritifs ou réguler le climat (stockage du carbone). Eventuellement, la biomasse produite peut être utilisée pour la fourniture d’aliments ou de combustibles. Elles n’ont toutefois pas une finalité productive, les services d’approvisionnement n’y sont pas recherchés en priorité.

La mise en place de plantes de services permet de réguler les populations de ravageurs au sein de la zone cultivée par plusieurs mécanismes.

  • Les actions directes consistent à implanter des plantes de services qui auront un effet sur le ravageur en le tuant, en l’attirant ou en le repoussant. Elles définissent différents types de plantes de service :
    • Les plantes allélopathiques ou assainissantes : Elles ont la capacité de produire des substances biochimiques toxiques sur d’autres êtres vivants comme les phytophages du sol. Ex. Les œillets d’indes peuvent être utilisés en tant que plantes allélopatiques contre les nématodes du sol pendant la période d’interculture avant l’implantation de cultures de rosiers.

    • Les plantes pièges : Elles vont attirer puis retenir le bioagresseur pour le détourner de la culture. Les populations de ravageurs sur les plantes-pièges devront être régulées pour éviter leur retour dans la culture. Il est possible de lâcher des auxiliaires, de realiser des effeuillages, de faire un piégeage mécanique ou encore de détruire et remplacer les plantes-pièges. Ex. En culture de poinsettia, l’aubergine ou le melon sont de bonne plantes-pièges contre les aleurodes en serre. La couleur verte d’un couvert dans les inter-rangs de lavandes et lavandins permet d’attirer les cicadelles et ainsi de les détourner des plants.

    • Les plantes répulsives : Elles repoussent certains ravageurs par l’émission de composés volatils (foliaires) de diverses natures selon les familles botaniques et les espèces. Ex. L’ail aurait un effet répulsif contre les pucerons et les lapins.

    • Les plantes écrans ayant un effet barrière : Elles permettent de détourner les ravageurs de la culture principale en entrainant des difficultés à localiser ou coloniser les plantes hôtes. Ex. Le semis d’un couvert de graminées (triticale, orge, avoine) suffisamment haut en paille dans l’inter-rang permet par un effet barrière de limiter les vols de la cicadelle sur la lavande et le lavandin et ainsi lutter contre le dépérissement de la lavande (Marguerie et Costes, 2017).

  • Les actions indirectes consistent à implanter des espèces de plantes qui auront un effet sur les auxiliaires (= insectes utiles qui prédatent ou parasitent les ravageurs) en les attirant par de la nourriture, ou en leur fournissant un habitat.

    • Les plantes-fleuries : elles attirent les auxiliaires floricoles (adultes consommant nectar et pollen dans les fleurs, larves prédatrices). Ex. Les potentilles arbustives permettent d’attirer et de maintenir les syrphes et les chrysopes dont les larves sont prédatrices de pucerons.

    • Les plantes-anémophiles : Elles permettent la fourniture de pollen aux auxiliaires dans la culture, en le libérant dans l’air et déposé sur le feuillage de la culture, aux auxiliaires. Ex. La sorbaire à feuilles de sorbier permet le maintien des populations d’acariens prédateurs pour lutter contre les acariens phytophages en culture de rosier.

    • Les plantes relais ou réservoirs : Elles permettent la reproduction des auxiliaires dont les adultes et les larves sont prédatrices par la présence d'un ravageur spécifique. Ex: les graminées infestées du puceron Sitobion permettent le maintien des hyménoptères parasitoïdes.

    • Les plantes nectarifères : Elles permettent de fournir du nectar en dehors des fleurs. Cela permet le maintien en particulier des hyménoptères et diptères. 

Il est possible d’implanter des plantes de services pendant la période d’interculture, en association avec la culture principale ainsi qu’à proximité de la parcelle (dans la mesure où un flux est ciblé) afin de diminuer les populations de ravageurs présentes sur la parcelle. Cette technique est utilisée pour limiter le recours aux insecticides pendant le cycle de la culture ou pour limiter l’importance des attaques.

 

Conditions de réussite :

Il est important de bien cibler le (ou les) ravageur(s) à réguler (mobilité, cycle, phagie) ou les auxiliaires à favoriser afin d’orienter le choix des plantes de services à implanter à l’intérieur, en bordure de parcelle, ou dans la rotation. Selon la filière, si elle est annuelle ou pérenne, le choix des espèces végétales à adopter dépend de leurs essences qui déterminent leur capacité à accueillir les auxiliaires qui régulent les ravageurs ciblés. Sur le portail EcophytoPIC, la base de connaissances ABAA recensant les Auxiliaires, les BioAgresseurs ainsi que les Accidents physiologiques et climatiques permet d’aider à les identifier et les caractériser.

 

Précision sur la technique :

Plusieurs aménagements au sein ou à proximité de la parcelle/des pots en pépinières peuvent être mis en place :

  • En culture extérieure, des plantes-fleuries peuvent être installées avec des chrysanthèmes par exemple pour attirer les adultes des auxiliaires floricoles (syrphes, chrysopes, mouches tachinaires, …).

  • Sous abri, des Sorbaria sorbifolia peuvent être installées pour fournir du pollen aux acariens prédateurs. L’aubergine est une plante-piège à aleurodes efficace en cultures de poinsettia en serre ; le Bergenia cordifolia est une plante-piège d’othiorhynques en pépinière (Ferre, 2018). Des essais sont en cours chez Astredhor sur la capacité des heuchère à piéger Duponchelia fovealis.

  • En pleine terre :  Des plantes assainissantes telles que les œillets d’inde peuvent être implantées avant une culture de rosiers afin de lutter contre les nématodes du sol. L’implantation de couverts végétaux purs : triticale, orge, sainfoin, etc. ; ou en mélanges : graminées + légumineuses (trèfle Blanc, trèfles blancs mychorizés) dans les cultures de PPAM peut permettre de lutter contre le dépérissement en lavande et lavandin causé par la cicadelle en faisant barrière physique à son déploiement et en abritant quelques-uns de ses ravageurs par un effet « hôte » des couverts (Produire bio). La technique peut être combinée à d’autres leviers comme appliquer de l’argile blanche lorsque les vols de cécidomyies commencent.

 

Points de vigilance :

Dans les situations où les plantes- pièges sont utilisées, il est important de détruire cette dernière au bon moment afin de ne pas favoriser la reproduction du ravageur sur cette plante et donc ne pas multiplier les populations dans la culture. Attention les plantes-fleuries qui offre un site de pontes ou des plantes-réservoirs trop attractivent peuvent devenir des pièges à auxiliaires diminuant d’autant leur niveau dans la culture.

 

Quelques actions, projets, programmes :

Le RMT Biodiversité et Agriculture avait comme objectif général de contribuer au développement et à la promotion de systèmes agricoles respectueux de l'environnement, fondés sur la biodiversité et les régulations naturelles qu'elle favorise, afin de répondre aux principes de l'agro-écologie.

Le RMT Bioreg a pour objectif d'identifier les leviers mobilisables permettant d'optimiser la régulation naturelle des bioagresseurs.

Le projet Hortipot2 a pour ambition de mettre au point et d’éprouver des systèmes de culture de plantes en pot n’utilisant pas (ou très peu) de pesticides.

Le PEI Santé du végétal avait pour objectif d'aider les agriculteurs à améliorer la gestion sanitaire des cultures notamment pour réduire la vulnérabilité des cultures aux ravageurs.

Le projet Hortipepi2 a notamment pour objectif de réguler les bioagresseurs en pépinières avec une combinaison de leviers comprenant les plantes de services.

Le projet ROSA BIP a pour objectif d’atteindre un contrôle satisfaisant de population de ravageurs avec plusieurs stratégies dont l’utilisation de plantes de services.

Le projet RECITAL avait pour objectif d’augmenter la résilience des cultures aux climats et bio-agresseurs et limiter/perturber le développement de ravageurs xérophiles (causant le dépérissement).

Les projets PR/P, DIAPLASCE 1, 2 et 3 ont pour objectifs de rechercher des espèces de plantes de services potentiellement intéressantes et de définir les itinéraires techniques les utilisant.



Période de mise en œuvre
Pendant l'interculture
Sur culture implantée
A l'implantation

Les plantes de services régulent les populations de ravageurs sur la culture principale lorsqu’elles sont en association et dans certaines situations en bordure dans la mesure où un flux est ciblé. Dans d’autres filières, des effets positifs sont observés pendant la période d’interculture, plus particulièrement dans le cadre de la régulation de nématodes.



Echelle spatiale de mise en œuvre
Parcelle

La démarche commence à la parcelle et va jusqu’à l’échelle du territoire qui est la plus intégrative. Des raisonnements à l’échelle du paysage, en associant les autres usagers de l’espace (agriculteurs, collectivités locales, etc.) peuvent permettre d’aller encore plus loin.



Application de la technique à...

portlet.vue.concept.structure.toutesProductions : Facilement généralisable

Les plantes de services peuvent être utilisées dans diverses cultures dans la mesure où le trio plante de services-culture-ravageur est défini.

Certaines techniques sont généralisables à plusieurs cultures si les ravageurs ciblés ou les auxiliaires à favoriser sont les mêmes. A noter que si les plantes et les auxiliaires visés sont différents, le raisonnement est lui tout à fait généralisable.



Tous les types de sols : Facilement généralisable

Le levier est applicable pour tous les types de sols. Suivant les conditions pédologiques et le matériel végétal, on peut adapter l’enherbement en modulant la surface enherbée, de chaque inter-rang par exemple à un rang sur deux afin d’éviter les stress hydriques, ainsi que la date de destruction.



Tous les contextes climatiques : Facilement généralisable
Continental
Océanique
Méditerranéen
Alpin

Le choix des espèces à implanter en même temps que la culture de rente ou en interculture sont bien évidemment à adapter selon le climat.



Réglementation

Un arrêté en date du 27/11/2020 a validé de nouvelles fiches actions CEPP dont une sur la lutte contre les ravageurs à l’aide de plantes pièges pour réduire les doses d’insecticides sur les productions horticoles en conteneurs. Il s’agit d’introduire une plante extrêmement sensible (Bergenia cordifolia) sur laquelle sera localisée la protection de biocontrôle avec des champignons entomopathogènes.

Concernant la réglementation liée à la directive nitrates, référez-vous à la Draaf de votre région.




2. Services rendus par la technique


Gestion des ravageurs

Gestion des auxiliaires ennemis des bioagresseurs


3. Effets sur la durabilité du système de culture


Critères "environnementaux"

Effet sur la qualité de l'air : En augmentation

Par rapport à un sol nu, une tendance à la diminution voire à la suppression des utilisations d’insecticides peut être observée dans certaines situations mais il faut garder à l’esprit que l’intensité des attaques des ravageurs varient d’une année à l’autre et selon les cultures. Un passage peut être envisagé si l’infestation est trop importante. 



Effet sur la qualité de l'eau : En augmentation

Les plantes de services peuvent permettre de diminuer l’application d'insecticides et d'autres produits phytosanitaires. Elles permettent aussi de diminuer l’utilisation d'engrais et limiter le transfert des produits phytosanitaires ainsi que le lessivage/la lixiviation des éléments nutritifs vers les nappes d’eau souterraines en hiver par les pluies.



Effet sur la consommation de ressources fossiles : Variable

Ce critère dépend de la technique (plantes de services associées en pépinière ou en pleine terre, en interculture, implantées dans la parcelle ou en bordure), de la conduite et du nombre de passages dans la parcelle (travail du sol, implantation, entretien, destruction) par rapport aux passages de produits phytosanitaires.



Stockage de carbone : En augmentation

Les plantes de services en plein champs permettent de stocker du carbone et donc de limiter les émissions de gaz à effet de serre vers l'atmosphère.




Critères "agronomiques"

Productivité : Variable

L’effet observable varie selon la technique mise en place.

Il est conseillé de ne pas enherber la totalité de l’inter-rang en lavanderaies pour ne pas nuire aux rendements. En effet, des essais ont montré que réduire la largeur du couvert végétal de 45% à 25% permettrait de maintenir voire plus que doubler le rendement en huiles essentielles (de 117%) qui est de +70% dans les modalités ayant un couvert végétal un inter-rang sur deux (Debregeas, 2017) par rapport au témoin.



Qualité de la production : En augmentation

La qualité ornementale est meilleure en présence de plantes de services.



Fertilité du sol : En augmentation

Les plantes de services améliorent les composantes physiques (diminution du ruissellement, de la battance et de l’érosion), chimiques (amélioration de la disponibilité des éléments nutritifs, diminution de la lixiviation) et biologiques (amélioration de la vie du sol et de la teneur en matière organique) de la fertilité du sol. Leur décomposition permet d’augmenter les teneurs en matière organique du sol.



Stress hydrique : En augmentation

Selon le type de sol, les conditions climatiques et la nature des espèces implantées, les plantes de services peuvent induire une concurrence hydrique au sein de la parcelle. Lamacque (2020) a montré dans le cadre de sa thèse qu’un couvert végétal sur l’inter-rang de lavandin exerce une contrainte hydrique pendant la période de croissance et de sécheresse estivale. Le stress hydrique serait plus précoce avec le couvert mais l’intensité de la sécheresse identique à la culture avec un sol nu en inter-rang.



Biodiversité fonctionnelle : En augmentation

L’insertion de nouvelles familles de plantes dans le système apporte de la diversité. Par rapport à un sol nu, les plantes de services permettent d'apporter abri et nourriture aux animaux sauvages (oiseaux, petit gibier, ...), auxiliaires ennemis des ravageurs, pollinisateurs ainsi qu'aux organismes du sol (biomasse microbienne, vers de terre, ...).




Critères "économiques"


Charges opérationnelles : Variable

En cultures de poinsettia, les couts de mise en place de plantes de services sont équivalents aux itinéraires de cultures conventionnelles. La médiane des coûts s’élève pour les deux itinéraires à 570€ /1000 m².

L’installation de plantes pièges à Otiorhynque, le coût s’élève à 356€ pour 1000m² main d’œuvre comprise comparé à 516€ en conventionnel sans main d’œuvre.



Charges de mécanisation : En augmentation

La mise en place de plantes de services peut nécessiter l’investissement dans du nouveau matériel (semoir, matériel de désherbage mécanique, ...). L’implantation de la PPAM dans un couvert en place nécessite un matériel adapté pour désherber le rang ou travailler le sol en strip-till. Certains producteurs auto-construisent leur matériel adapté aux passages dans leurs parcelles ce qui limite fortement les coûts.




Critères "sociaux"


Temps de travail : En diminution

En horticulture, certaines plantes de services pièges nécessitent seulement la mise en place de la plante au printemps et sa destruction à l’automne.

Pour Yann Sauvaire, lorsque tout est en place en Ppam, les solution techniques et mécaniques sont trouvés et les outils adaptés, la technique est un gain de temps.

Les temps de travaux liés à l’augmentation du nombre de passages (préparation du sol, semis, entretien, destruction) sont plus importants qu'au désherbage chimique. Toutefois, le temps de travail ne sera pas forcément augmenté si le système est conçu dès l'implantation pour supporter la concurrence, et que la stratégie consiste à laisser les couverts s'équilibrer.



Effet sur la santé de l'agriculteur : En augmentation

Par diminution de l’usage d’insecticides et de produits phytosanitaires dans leur ensemble.





4. Organismes favorisés ou défavorisés


Bioagresseurs favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Bioagresseurs défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions
Chenille MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
Cicadelles MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
Cécidomyies MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
adventices MOYENNE adventices
aleurodes MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
nématode (bioagresseur) MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite
puceron MOYENNE ravageur, prédateur ou parasite

Auxiliaires favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions
Bactéries fonctionnelles du sol MOYENNE Organismes fonctionnels du sol
Chrysopes et hémérobes MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs
Coccinelles MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs
Parasitoïdes de cicadelles MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs
Pollinisateurs MOYENNE Pollinisateurs
Syrphes et autres mouches MOYENNE Pollinisateurs
Syrphes prédatrices MOYENNE Ennemis naturels des bioagresseurs
Vers de terre MOYENNE Organismes fonctionnels du sol

Auxiliaires défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Accidents climatiques et physiologiques favorisés

Organisme Impact de la technique Précisions

Accidents climatiques et physiologiques défavorisés

Organisme Impact de la technique Précisions


5. Pour en savoir plus

Collectif d’auteurs
Astredhor, Brochure technique, 2018
Ferre A., Hebbinckuys T.
Phytoma, Article de presse, 2013
Ferre A.
Info iteipmai, Multimédia, 2018
Costes T., Parent S., Marguerie M., Lemaire B.
Salon MED'AGRI, Multimédia, 2020
Hebbinckuys T., Goanvic G., Yzebe O., Jacquot M., Bussi C., Guillermin A., Merlin F., Ondet S-J., Buch I., Belloir A., Garcia E.
PHYTOMA, Article de presse

6. Mots clés


Méthode de contrôle des bioagresseurs : Lutte biologique
Mode d'action :
Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides : Reconception
Pour contribuer à l'enrichissement de la fiche, vous devez créer un compte ou vous identifier.Cela vous permettra d'apporter votre contribution via l'espace d'échanges

Contributeurs

01/10/2021
Marie Hedan - ACTA - Paris (75012)
charge-mission - marie.hedan@acta.asso.fr