TECHNIQUE

Réduire ou arrêter le travail du sol

Aboutie
Dernière modification : 25/03/2024
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Productions concernés

  • Cultures annuelles et pluriannuelles
  • Cultures pérennes
  • Céréales à paille
  • Grandes cultures légumineuses
  • Grandes cultures
  • Horticulture - Plante à parfum aromatique et médicinales
  • Cultures fourragères
  • Cultures légumières
  • Arboriculture et petits fruits
  • Vigne

Levier correspondant

Améliorer les propriétés du sol

Crédit : INRAE

Description de la technique

La réduction ou l'arrêt du travail du sol est souvent mise en oeuvre dans les cas suivants :

- La couverture permanente du sol, par le biais notamment de semis directs sous couvert. La couverture du sol peut aussi être constituée d'un paillis (mulch) ou de plantes de couverture implantées.
- Des rotations culturales allongées et diversifiées.

  • Les Techniques Culturales Simplifiées (TCS) permettent de réduire le travail du sol et sont souvent les premières étapes vers l'ACS (semis direct, interventions mécaniques plus ou moins superficielles, etc.). 

En système maraîcher, les pratiques de réduction du travail et de couverture du sol sont également désignées par la dénonmination "Maraîchage sur sol vivant".

Pour les cultures pérennes, la réduction du travail du sol au niveau du rang existe pour l'instant à l'état prospectif.

Ressources disponibles

Mécanisme(s) d'action

L'arrêt du travail du sol en système ACS maîtrisé permet d'améliorer la structure du sol et ainsi son fonctionnement hydrique du sol, notamment en augmentant sa conductivité hydraulique et la capacité d'exploration racinaire des cultures (Alleto et Bustillo, 2023). Cela peut donc participer à réduire le stress hydrique des cultures.
De plus en système ACS, la couverture des sols réduit également le ruissellement et l'évaporation, et la diversification des cultures apporte également d'autres services écosystémiques et permet de répartir les risques climatiques.

Les systèmes en TCS ne font pas encore consensus sur leur potentiel pour améliorer le fonctionnement hydrique du sol de façon significative vis-à-vis des systèmes de culture traditionnels. Cependant, la réduction du travail du sol peut déjà permettre d'améliorer les propriétés du sol, et de favoriser l'infiltration de l'eau si ces techniques sont également alliées à une couverture du sol régulière. 
Cette observation est également valable pour le maraîchage sur sol vivant.

Limites(s)

  • L'arrêt du travail du sol nécessite une adaptation progressive des itinéraires techniques, et à terme il se peut que certaines opérations soient toujours nécessaires sur certains types de sol.
  • Des coûts supplémentaires peuvent être liés à des investissements matériels et à l'achat d'herbicide.
  • L'ACS reste encore aujourd'hui dépendante de l'utilisation d'herbicides. L'arrêt total du travail du sol en agriculture biologique est actuellement de l'ordre du prospectif.

Evaluation de la technique

Délai de mise en place Ce critère évalue le pas de temps nécessaire à l’agriculteur/agricultrice pour mettre en place cette technique. ​Ce délai comprend à la fois le temps de réflexion nécessaire en amont de sa mise en place, et le temps de travail technique. . . . . . . . . . . . . . . . 1 : Moins de 1 an . . . . . . . . . 2 : Entre 1 et 3 ans . . . . . . . . 3 : Plus de 3 ans . . . . . . . . .
Coût Ce critère évalue le coût à la charge de l’agriculteur/agricultrice (éventuelles subventions déduites) pour la mise en œuvre et l’entretien de cette technique. Il comprend le temps de travail et l’investissement (intrants, matériels, etc.). . . . . . . . . . . . 1 : Faible . . . . . . . . . . . . . . . 2 : Modéré . . . . . . . . . . . . . . 3 : Elevé . . . . . . . . . . . .
Délai d'effet Ce critère évalue le pas de temps nécessaire pour que la technique améliore la résilience de l’exploitation (économique, agronomique, sociale, etc.). . . . . . . . . . . . . 1 : Moins de 1 an . . . . . . . . . 2 : Entre 1 et 3 ans . . . . . . . . 3 : Plus de 3 ans . . . . . . . . .
Effet sur l'atténuation Ce critère évalue la capacité de la technique à contribuer à l’atténuation du changement climatique à l’échelle de l’exploitation.​ Cet effet peut être neutre ou positif. L’atténuation s’entend par une réduction significative des émissions de GES (en priorité protoxyde d’azote, méthane et dioxyde de carbone) et/ou une augmentation du stockage de carbone.

Neutre

  • Les coûts de transition (matériel, organisation du travail) représentent une grande partie des coûts de mise en place des systèmes ACS. Ces coûts peuvent être plus faibles si la mise en place de ce système s’intègre dans un contexte favorable (GIEE, CUMA, etc.) qui offre la possibilité d’accéder plus facilement à du matériel adapté et à un appui technique.
  • L’effet sur l’atténuation est complexe et sera considéré comme « neutre » au regard des observations suivantes : 

- Si le nombre de passages d’engin à l’échelle de l’exploitation est réduit par rapport à un système avec labour, alors cela contribue à diminuer les émissions de GES.
- La quantité de carbone séquestré dans le sol est identique à un système avec labour, sauf dans des  contextes de climat aride (Haddaway et al., 2017 ; Dimassi et al., 2014).
- Le bilan des GES émis par les sols gérés en ACS ne fait pas encore l’objet de consensus, des études sont actuellement en cours.

Technique(s) associée(s)

Réaliser des semis de prairies sous couvert Implanter des cultures intermédiaires restituées Implanter des cultures intermédiaires exportées Implanter un couvert permanent Maintenir un enherbement semé ou spontané dans les cultures pérennes (Adaptation au changement climatique)
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Contributeurs

25/03/2024
30/01/2024
Elsa Galiano - ACTA - Pantin (93500)
charge-mission - elsa.galiano@acta.asso.fr