TECHNIQUE

Implanter des cultures dérobées ou double-cultures


1. Présentation


Caractérisation de la technique

Description de la technique :

Date de dernière modification: 04/07/2012

Contributeurs initiaux :

Marjorie Troussard CA 85 marjorie.troussard(at)vendee.chambagri.fr La Roche sur Yon (65)
Vincent Lefèvre ISARA vlefevre(at)isara.fr Lyon (69)
Anne Schaub ARAA a.schaub(at)bas-rhin.chambagri.fr Schiltigheim (67)
Rémy Ballot INRA remy.ballot(at)grignon.inra.fr Grignon (78)
Une culture dérobée est implantée entre deux cultures principales de la rotation, mais se distingue d'une culture intermédiaire par un objectif de valorisation de la production. Plusieurs insertions peuvent être distinguées : (1) en système de grandes cultures implantation de cultures à cycle court (soja, tournesol, maïs, sarrasin, sorgho...) pour récolte de grains, entre une culture à récolte précoce (orge d'hiver, pois, ail, colza...) et une culture d'hiver (blé, orge...) ou de printemps (maïs...), (2) en système polyculture-élevage, implantation de cultures à valorisation fourragère fauchée (ray-grass d'italie, moha, éventuellement associé à du trèfle), ensilée (méteil) ou pâturé (colza fourrager, chou fourrager...). L'implantation peut alors avoir lieu pendant l'hver entre deux cultures de printemps (ray-grass d'Italie entre deux maïs...). En agriculture biologique, avec des reliquats azotés à la récolte souvent faibles, des légumineuses à vocation fourragère peuvent être implantées en dérobé (vesce, luzerne, trèfle...).
Exemple de mise en oeuvre :

Implantation de tournesol (variété "de 100 jours") dans les jours suivant la récolte d'une orge d'hiver. L'export des résidus du précédent est à privilégier pour ne pas géner la levée. Le travail du sol est limité à 1-2 passages sans travail profond pour éviter le désèchement de l'horizon de surface (mais si l'horizon de surface est déjà désséché à la récolte, un labour puis un roulage après le semis peuvent donner de meilleurs résultats). En l'absence de précipitation dans les jours suivant l'implantation, un tour d'eau est nécessaire pour assurer une levée rapide. 2 à 4 tours d'eau sont en général nécessaires par la suite. La récolte peut  intervenir à partir de la mi-octobre, avant l'implantation d'une céréale d'hiver. Le potentiel de rendement est de l'ordre de 20 q/ha.



Période de mise en œuvre
Pendant l'interculture


Echelle spatiale de mise en œuvre
Parcelle


Application de la technique à...

Toutes les cultures : Généralisation parfois délicate
Pour une récolte en grains, seules les cultures à cycle court (tournesol "de 100 jours", soja 000 ou 0000 à partir de 2013, variétés de maïs ou sorgho ou pois de printemps précoces, sarasin) sont adaptées à une implantation en dérobée.

Tous les types de sols : Généralisation parfois délicate

En dehors des sols hydromorphes qui peuvent rendre délicate une récolte courant octobre dans le ca d'une valorisation en grain, la technique peut être généralisée à tous type de sol. Un accès à l'irrigation peut être nécessaire pour sécuriser la levée et le rendement.



Tous les contextes climatiques : Généralisation parfois délicate

Les cultures implantées en dérobé pour une valorisation en grain nécessitent tout de même un cumul de température minimum pour arriver à maturité (1 300 à 1 400 °C base 6 °C pour un tournesol en dérobé, 1420°C base 6°C pour un soja 000). Cette technique implique la réalisation d'une analyse climatique fréquentielle permettant de déterminer la fréquence à laquelle elle permet d'atteindre les résultats attendus, et la date limite de semis en dérobé. L'implantation en dérobé est à considérer comme une stratégie d'opportunité à mettre en oeuvre quand les conditions climatiques de l'année le permettent (récolte précoce de la culture précédente par exemple). L'implantation en dérobé de cultures à vocation fourragère peut être envisagée dans une plus large gamme de contextes climatiques.



Réglementation

Influence de la réglementation  

Attention : l'implantation d'une culture en dérobée doit faire l'objet d'une déclaration sur papier libre auprès de la DDT.




2. Services rendus par la technique



3. Effets sur la durabilité du système de culture


Critères "environnementaux"

Effet sur la qualité de l'eau : Variable
N.P. : DIMINUTION
pesticides : VARIABLE


Effet sur la consommation de ressources fossiles : En augmentation
consommation d'énergie fossile : AUGMENTATION

Autre : Pas d'effet (neutre)

Transfert polluant vers eaux (N, P, phyto ...) : Diminution

La présence d'un couvert végétal sur la parcelle tout au long de l'année permet de limiter le transfert de polluant intervenant entre deux cultures principales. Attention, l'implantation d'une culture en dérobé peut cependant impliquer des applications supplémentaires d'herbicides pour gérer les repousses du précédent.

Transfert polluant vers air (N, P, phyto ...) : pas de connaissance sur impact

Consommation d'énergie fossile : Augmentation

Même si le travail du sol est limité, les interventions liées à l'implantation de la culture en dérobé impliquent la consommation de carburant. De plus, certaines cultures peuvent nécessiter un séchage (tournesol, maïs) et de l'irrigation.

Dégagement de GES : pas de connaissance sur impact

La production de biomasse par la culture dérobée contribue à augmenter la quantité de carbone fixée, la diminution des fuites de nitrates hors de la parcelle diminuent les émissions de N2O indirectes. Augmentation : les dégagement de GES liés à la consommation de carburant sont en augmentation, en particulier pour les cultures nécessitant un séchage et/ou de l'irrigation.




Critères "agronomiques"

Productivité : En augmentation

Les cultures récoltées en grain présentent un potentiel de rendement rédui en dérobé du fait d'un cycle plus courtt. Le rendement des cultures principales peut également être réduit si des variétés précoces sont volontairement choisies pour allonger la durée de l'interculture. Cependant, l'implantation de cultures dérobées en plus des cultures principales conduit à une augmentation de la productivité du système de culture.



Fertilité du sol : Variable

L'implantation de cultures en dérobé implique des prélévements d'éléments minéraux qui peuvent entrainer une moindre disponibilité pour la culture suivante.



Stress hydrique : Variable
L'implantation de cultures en dérobé implique des prélévements d'eau qui peuvent entrainer une moindre disponibilité pour la culture suivante.

Autres critères agronomiques : Variable

Préservation de la structure des sols : variable

En cas de récolte tardive en mauvaises conditions de la culture dérobée, des risques de dégradation de la structure du sol existent. A l'inverse, en sol hydromorphe, une culture dérobée en hiver qui pompe de l'eau peut permettre une meilleure praticabilité au printemps pour semer une culture de printemps.




Critères "économiques"


Charges opérationnelles : En augmentation

L'implantation d'une culture en dérobé implique des charges liées à l'achat de semence, de produits phytosanitaires, l'irrigation voire le séchage (200-300 €/ha dans le cas d'un tournesol implanté en dérobé).



Charges de mécanisation : En augmentation
L'implantation d'une culture en dérobé implique généralement un nombre de passages plus important et plus coûteux (travail du sol, semis, récolte...) que si le sol est maintenu nu pendant l'interculture ou qu'une culture intermédiaire non récoltée est implantée.

Marge : Variable

La marge de la culture dérobée dépend fortement du contexte de prix de vente et d'achat d'intrants, mais elle est inférieure à celle des cultures principales du fait d'un potentiel de rendement réduit. Cependant elle reste généralement positive dans les régions adaptées et contribut à améliorer la marge globale du système.



Autres critères économiques : Variable

Consommation de carburant : Augmentation

L'implantation, le suivi, la récolte d'une culture dérobée implique une consommation de carburant supérieure à la réalisation de faux-semis, à l'implantation et la destruction d'une culture intermédiaire non récoltée.




Critères "sociaux"


Temps de travail : En augmentation
Le débit de chantier des interventions d'implantation et de récolte d'une culture dérobée est moindre que celui d'interventions de déchaumages, d'implantation / destruction de cultures intermédiaires non récoltées.

Temps d'observation : En augmentation
L'implantation d'une culture en dérobé implique du temps d'observation supplémentaire pour la conduite de l'irrigation, indispensable dans la plupart des situations.



4. Organismes favorisés ou défavorisés


Bioagresseurs favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Bioagresseurs défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Auxiliaires favorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Auxiliaires défavorisés

Organisme Impact de la technique Type Précisions

Accidents climatiques et physiologiques favorisés

Organisme Impact de la technique Précisions

Accidents climatiques et physiologiques défavorisés

Organisme Impact de la technique Précisions


5. Pour en savoir plus

Frédéric Pagès produit deux cultures par an
Réussir grandes cultures n°246, p74-75, Article de presse, 2011
Tournesol dérobé - Anticipez et semez tôt pour réussir
CETIOM, Site Internet, 2011
Tournesol et soja - Réussir une culture dérobée
Lecomte V. (CETIOM)
Perspectives agricoles n°357, p93-95, Article de presse, 2009
Trois cultures en deux ans avec un tournesol, un sorgho ou un maïs supplémentaire
Réussir grandes cultures n°217, p40, Article de presse, 2008

6. Mots clés


Méthode de contrôle des bioagresseurs : Contrôle cultural
Mode d'action : Action sur le stock initial
Type de stratégie vis-à-vis de l'utilisation de pesticides : Reconception
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Contributeurs

16/07/2018
30/08/2017
Lola Leveau - Irstea - Clermont-Ferrand (63000)
ingenieur - lola.leveau@irstea.fr